Pédaler le long du Doubs sans bateaux jusqu’à Dole, puis Seurre. Retrouver famille et
amis, rencontrer la mini Charlotte aux yeux bleus qui m’a beaucoup souri, entendre le
croassement des grenouilles, barbecue, fraises, Mölkky, légumes d’été, écluses, oiseaux,
pique-niques, un long et beau week-end pour revivre. Terminer le déménagement, retrouver
les copains de l’asso Tinternet, chercher une méridienne. { ci-dessous la jolie plante Séneçon
de Rowley qui pousse au soleil et mes nouvelles sandales en cuir un peu mocassins }

Partager en deux la première fraise du jardin avec un très bon parfum, aller chercher
plein de sushis, recevoir un coup de fil de Déborah Dupont, la libraire de l’émission
On va déguster, pour la commande du très beau livre Le pain, de la terre à la table de
Christophe Vasseur. Un premier bouton de moustique aussi. Camper deux jours dans
l’appartement quasiment vide, le rendre propre. { ci-dessous les photos du canadien Ian
Brown
, un travail d’anthropologie urbaine dans les rues de la ville sinistrée de Detroit }

Braver la queue du bureau de Poste pour faire partir une guirlande en Australie. Rapporter
du périple des cubes de levure pour les brioches de mon amoureux. Un magnolia, les jardins
partagés, des cerises sauvages, un lièvre à l’observatoire, rentrer vite pour dépendre le linge
qui sèche, menacé par l’orage. La fin de ces balades autorisées d’une heure, le soir autour
de chez nous à la découverte du quartier. { ci-dessous encore une petite boîte en bois chinée,
repeinte et tapissée de papier à l’intérieur et des petits sablés salés au chorizo et Comté }

On attends le rouge de nos quelques fraises. On file à vélo faire des queues interminables
de personnes à un mètre les unes des autres, pour rapporter asperges, tomates de la Drôme,
et de l’ail tellement nouveau qu’il n’a pas encore de gousses. Des cookies au chocolat et à la
noix de coco, la visite du jardin botanique laissé à l’abandon, des arbres en train de sécher, de
belles fleurs sauvages, deux canards, un chat roux et de grosses grenouilles. { ci-dessous les
compositions de piles de livres poches de l’artiste Mary Ellen Bartley, aux tranches colorées }

La journée, comme il fait toujours beau, on place les cochons d’Inde dans l’herbe du
jardin et on les observe se familiariser avec la liberté malgré leur naturel craintif et leur
envie de se cacher toujours. À un crochet, je fais sécher un peu de lilas tête en bas, et
des fleurs diverses, plus petites, en les pressant. On cuisine les fanes de tout, radis,
chou-fleur, carottes du marché. { ci-dessous la jolie pochette cousue par Virg qui me
sert de porte-feuille et la pile de livres en attente sous le Faulkner fini au confinement }

Préparer des falafels avec des pois cassés, jolies petites boules jaunes épicées. Lire
dans le jardin, l’histoire d’une famille, d’un secret et d’un village. Trier, ranger, trouver
une place aux choses, à nouveau.
Retrouver mes notes de bac, mes bulletins de collège,
rêver que je dois repasser le BTS. Observer trois jeunes faucons pèlerin grâce à la LPO
et une caméra postée sur une cheminée d’usine.
{ ci-dessous les photos du danois Anders
Schønnemann, et ses jolies compositions culinaires épurées aux couleurs douces }

Se perdre un peu dans les jours, ne pas trop penser à plus loin, le soleil toujours là.
Premier barbecue, à deux. Commencer à savoir où est le soleil selon le moment de la
journée, se balancer dans le hamac comme un Marsupilami. Terminer Mangeclous, trier
les affaires d’hiver, les remiser. Accrocher deux patères dorées dans la chambre. Prendre
en photo les fleurs, le fin pollen qui se dépose sur la table tous les jours. { ci-dessous une
plante délicate dans l’eau, cadeau de Fanny et une vieille photo de la place Jean Gigoux }