Je décolle ce soir et je serai à Bangkok demain en fin d’après-midi. Je file au soleil, à
10 000 km d’ici, voir et vivre plein de choses. J’emmène, entre autres, 882g de livres et
deux shorts, un feutre vert et un autre bleu
Ici c’est pause pendant tout le mois de février
pour pouvoir profiter là-bas plutôt que d’être en ligne. Mais je pars avec des carnets pour
écrire tout ce qu’il me passe par la tête et bien sûr mon appareil photo pour rapporter plein
d’images ! Retour début mars. Mon trajet sur une carte visible ici. { photo de Ross Parmly }

voyage

Derniers préparatifs, impression des billets et réservations. Fuseaux horaires et météo.
Vider le frigo, boucler les sacs.
Je regarde des comédies pour ne pas trop penser et je
m’endors devant.
Je fais beaucoup de rêves. Mais j’ai perdu le réflexe de les noter au
réveil, ils s’échappent dans la journée. Je quitte mon appartement pour un mois mais
j’ai subitement envie de m’en occuper, changer le contenu des tiroirs, trier comme pour
un déménagement. Je m’arrête deux jours voir Lou et Nino. 
{ ci-dessous le joli bocal en
porcelaine rempli de graines d’un peu partout dans le monde et le lichen du Haut-Jura }

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Couper enfin tous ces cheveux. Le coiffeur très gentil avait de la poudre magique.
Écouter le dernier album de Bonobo en boucle en terminant tout mon travail, écrire à S.
avant de partir, regarder Clément manger une endive au jambon. Je ris beaucoup pour rien,
encore plus en ce moment.
Je mets de la crème sur mes mains sèches, la chaudière lutte
comme moi contre le froid. Pour un projet, Marie me demande qui est mon idole, je prends
le temps de réfléchir et pense à Wes Anderson en premier. { ci-dessous la super série Reflet
de la canadienne Sarah Bodri : des portraits mis en scènes avec un très joli jeu de miroirs
où les formes et les corps se mélangent et créent un univers sensible et bucolique }

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Décollage dans une semaine pile. Ma maman m’a scanné et envoyé un article qui me
donne confiance et envie. Je reçois de gentils mails d’encouragements. Je me prépare,
je remplis mon iPhone d’albums déjà écouté cent fois en boucle, rassurants. Mon ordi
de films et de podcasts radio pour l’avion. J’ai enlevé la peau de chaque pois chiches
pour faire un peu de houmous,
ré-installé entièrement mon iMac, trouvé un beau sac à
dos et et passé un dimanche soir à papoter au comptoir avec mes petits gâteaux à la
noix de coco et Virg. Et Sophie la juge. { ci-dessous mon hibou qui tient chaud offert
par Etienne et le soupirail découpé d’étoiles de la rue Mégevand }

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Maman m’a fait goûté un Kaki dimanche dernier. Cette semaine j’en ai acheté trois, c’est
un joli fruit orange très sucré
. Le vent et le voyage m’empêchent un peu de dormir, le matin
j’ouvre les yeux toute seule avant le réveil. Sur la carte du monde je prends conscience
que je ne suis encore jamais allée autant au sud. En quittant ma chambre j’ouvre la fenêtre
en grand, pas trop longtemps. Je sors au chaud dans mon gros manteau
{ ci-dessous les
photos du new-yorkais Christopher Payne et son exploration d’asiles psychiatriques
abandonnés à travers les États-Unis : bâtiments imposants et intérieurs délabrés }

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J’ai vu Paterson et ses poèmes hier soir. J’ai aimé la ville et les couleurs, le rythme.
Tassée au fond du siège, toute seule devant comme d’habitude, je ne regardais pas les
sous-titres pour m’entraîner à comprendre l’anglais. Je réfléchis aussi à mes tournures
de phrase en marchant. À la fin du film tout le monde est resté immobile et silencieux
pendant longtemps, je n’aime plus rester dans la salle, j’aime partir la première. J’ai dû
faire du bruit avec ma fermeture. C’est vrai que parfois il faut savoir commencer un
nouveau carnet. 
{ ci-dessous l’affiche d’Oiseaux-Tempête encadré et Plume le chat
timide de Fanny et les enfants, que je vais passer voir avant de décoller }

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Planifier les étapes entre Singapour et les îles thaïlandaises à travers la côte ouest de
la Malaisie, aidée du Routard. Noter les étapes avec mon feutre turquoise. Regarder la
neige tomber de nuit, aller chercher le masque et le tuba que m’a laissé Nathan, penser
à ce que je dois emporter. Penser qu’il va faire très chaud, que je vais voir des singes.
Mes cheveux trop longs vont dans mes yeux, je les ferai couper juste avant de partir.
Certains jours je mets une petite barrette noire. 
{ ci-dessous les photos d’exploration
du new-yorkais Matt Lambros et sa série réalisée dans divers théâtres abandonnés
des États-Unis : architectures décrépies, anciens lieux immenses et fascinants }

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