Rêver de bateaux qui coulent, de requins et de crocodiles. Faire une tâche saumonée
sur mon tapis blanc et doux, à cause de la sauce samouraï de trois sushis renversés.
Les vêtements qui sèchent très vite aux fenêtres, partir en vélo lire dans l’herbe au bord
de l’eau et mettre ma main dans les orties. Discuter yoga avec une Mathilde et avoir envie
de se déplier aussi un peu. { ci-dessous mes chouettes Chelsea Kickers en beau cuir
bordeaux que je ne quitte plus et mon rouge à lèvres bio RMS entre mat et brillant }

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Le cerisier de ma cour a été coupé. Je m’en suis rendue compte seulement quelques
semaines après. Mes parents aussi, ont coupé leur cerisier. Par réflexe il m’arrive encore
d’écrire « Lusans » au lieu de « Dole » dans mon agenda, quand je sais que vais chez eux.
Un bain en pleine semaine, relire un carnet de l’année 2018, se rendre compte que j’avance,
malgré tout. { ci-dessous les photos socio-environnementales du tchèque Michael Novotny,
qui voyage à travers les paysages les plus reculés, Islande, Alpes,
Ouzbékistan }

Une discussion agréable qui parlait d’essoreuse à salade et de balle au prisonnier. Une
pièce d’un euro au fond des toilettes du bureau, le sens du mot primesautière. Aller lire
au soleil entre midi et deux, le dos contre un arbre, travailler sur une affiche champêtre
et hésiter longtemps sur les couleurs, la place des éléments. Le plaisir de faire du vélo
quand il fait ce temps. { ci-dessous le dernier album joli de Yann Tiersen que j’ai même
reçu dédicacé et les livres en cours.. dont le fameux Sel de la vie de Françoise Héritier }

Aller chercher Basile à la gare. Retourner deux fois au bar du Barbu, un vin délicieux de
chez Ratte, un saucisson carré aux noisettes et de la cancoillotte à l’échalote. Rapporter
un moule à gâteau de la recyclerie, y ranger un peu les vêtements, habiller le mannequin.
Croiser beaucoup de monde, manger avec Damien, danser et casser l’abat-jour en papier.
{ Ci-dessous le travail du photographe français David De Beyter, qui mélange paysages,
images d’archives et 3D pour sa réflexion autour de la ruine et de la destruction }

Mes vingt-cinq petites photos carrées qui sont achetées d’un coup. Plongée dans les
chiffres 2018. Des cheveux très très courts, comme il y a longtemps. Des ongles rouge-
fraise. Le soleil qui apparaît et disparait, Le tome 2 de Vernon Subutex qui va plus vite à
lire et la cuisine de
rillettes végé avec des lentilles et le vert des poireaux. { ci-dessous
les photos blanches exposées ici et visibles en entier là. Et un petit tee-shirt tout simple
avec des jolis pois irréguliers qui font comme un pelage de fauve imaginaire }

Un vernissage blanc avec des meringues et du chou-fleur. S’endormir avec Les aventures
de Tintin, rêver que je pose ma tête sur le ventre d’un chiot tout dodu. Au matin, regarder
par la fenêtre le drap blanc accroché très haut dans l’arbre en face de ma chambre. Il a dû
atterrir là avec le vent. Depuis la grande terrasse des voisins. { ci-dessous les photographies
particulières de l’américaine Alison Rossiter, née en 1953. Elle récupère et développe de vieux
papiers photo périmés – 1900 pour le plus vieux – pour découvrir ce qu’a imprimé le temps}

Un beau et dur monologue sur les conditions de détention françaises basé sur une longue
correspondance. Juste un peu de lumière dans le noir, et un banc sur lequel il est pénible
de rester longtemps. Et moi je dois justement répondre à J. de qui j’ai reçu une lettre lundi.
L’expo sur le thème du blanc se prépare aujourd’hui, j’attache mes cheveux devenus trop
longs en arrière, j’aimerais les couper courts. { ci-dessous mon petit sac jaune Paul Marius
et une petite assiette fleurie de ma mamie, récupérée par ma maman pour nous }