Les rues de la ville se vident un peu, et autour de moi chacun commence à partir.
J’essaie de reprendre de bonnes habitudes. Me lever tôt, manger moins, partir le midi
au bord de l’eau plutôt que devant l’écran. J’ai trouvé du bon pain bio sur le marché
du mardi en bas de l’atelier. Je déguste de juteuses pêches plates qui viennent d’Espagne,
Marta dit qu’elle sont plus faciles à manger, c’est vrai. J’écoute des playlists de l’été en
travaillant, moi aussi je commence à avoir envie de m’échapper. { ci-dessous des palets
tout fins au parmesan et des moelleux chocolat-noisette que je peux congeler }

Retrouver les cousins et cousines pour un mariage. Le soleil revenu, un petit short en
jean. Se retrouver entre filles et partir pour Lods à travers les belles routes et la verdure.
La belle et vieille maison en bois, le chien-loup des voisins et ses grandes dents. Swan
tout potelé et tout blond et son livre des guilis. 
Reprendre les pinceaux et les petits pots
de peinture. Trois toiles carrées, des futurs collages. { ci-dessous les photos du blog-
voyage d’Amélie & Benjamin, basés à Marseille. Ils partagent leurs différentes expériences
et destinations à travers de très beaux articles }

J’écoute les voix de Lonny Montem et Guillaume Charret. Je les ai vu chanter en vrai
dans une librairie il y a deux semaines. Ils étaient au milieu des bande dessinées, Lonny
avait une belle robe. J’ai vu Grand froid au cinéma, un peu rigolé, surtout quand Bacri
explique qu’un corbillard ne fait jamais demi-tour. J’avais lu le livre de Joël Egloff il y a
des années, je ne me rappelais plus de l’histoire. Je n’ai pas de nouvelles de Basile, il
n’a pas répondu à mon long mail. { ci-dessous une poire triste affichée dans la cuisine
et ma bouture de chaîne des cœurs qui pousse bien }

Je reste tard au bureau, je trie des typographies, propose des prix. Je ne vois pas grand
monde, je ne m’endors pas tout de suite. Le premier soir d’orage, juste avant la pluie, un
gros chat blanc miaulait en bas dans la cour. Etienne s’est envolé en Chine pour la semaine.
Je trouve le temps de dessiner une jolie carte rose et florale pour la mariage de samedi.
Je retrouve les émissions d’été de France Inter et l’intéressante Caroline Gillet{ ci-dessous
les belles photos de Marzena Skubatz, qui se promène entre l’Allemagne et l’Islande.
Portraits ou paysages, des séries monochromes et froides mais remplies de douceur }

Partir à dole samedi matin, le train rempli pour le départ du Tour de France. Les gros
travaux de la nouvelle maison, les enfants qui grandissent, cahiers de vacances, hand
spinner et clafoutis aux abricots. Faire les soldes entre filles, lire attentivement les infos
sur statuts fiscaux & sociaux, surligner. S’endormir en écoutant Bobby Lapointe. Rentrer
sous la pluie en sandales dimanche soir. Préparer mes grosses tomates très mûres pour
la semaine. { ci-dessous un nouveau pot doré à motifs gravés et les sacs accrochés }

Chaleur, grosses journées, robes courtes. Peu d’appétit, le bas du dos douloureux, les
piqures de moustiques, les petits bleus. La deuxième saison de Master of None : le grain
de folie joyeuse et charmante de Aziz Ansari et ses amis. Aller chercher de bons légumes
jusqu’à Bregille, perdre un vélo. Ma bière emportée par erreur,
un jus de raisin, un quart
de pizza. Laisser la pression et la fatigue retomber dans l’herbe{ ci-dessous les photos
de Stephanie Gengotti, franco-italienne. Une série urbaine mais également composée de
portraits à propos du quartier populaire de San Basilio, à Rome }

Je me réveille très tôt, avant la sonnerie. Depuis quelques semaines, montent par la
fenêtre des chants chorale religieux venant du centre diocésain. Un peu plus tard, les
coups de massue des travailleurs prennent le relai. Je file au bureau. Je gère comme
je peux les différents projets en cours, l’été va être studieux. Une nouvelle coiffeuse
mais toujours la même coupe. Un fauteuil massant pas si agréable que ça et deux petits
hauts soldés. Un faire-part coloré inspiré des punks anglais, du jamais vu. { ci-dessous
mes magnifiques sandales en cuir festonné or-rose à lacets de chez Boden }