Retrouver mon grand lit, une journée pour configurer mon nouvel ordinateur de travail
géant. Préparer une galette comtoise d’anniversaire, chercher le numéro de la case du
calendrier des thés pendant un moment sans le voir, retrouver la difficulté de l’attente
de l’enfance : ne pas ouvrir les cases à l’avance pour découvrir vite et en avoir plus.
{ ci-dessous les photos du new-yorkais Peter Lippmann, une série intitulée Paradise
Parking
figure de vieilles voitures en train de disparaître lentement dans la nature }

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Le train et les nombreux tunnels entre Lyon et Saint-Etienne. Retrouver les locaux
d’Ursa Minor, écouter Binaire, discuter attablés, rentrer sous les gros flocons de neige
avec Coco. Dormir dans la buanderie, aller plusieurs fois au Méliès, manger une râpée
à la fourme, une brioche aux pralines évidement. Jouer et rire beaucoup avec Doc,
le petit chien blanc. Repartir sous la pluie et le vent. { ci-dessous les fruits et légumes
aux belles couleurs d’hiver et mes quatre jolies bagues en or de la marque Lõu-yetu }

Aller avec Nils à Planoise pour mon premier spectacle de l’année. Retrouver le théâtre
de l’Espace boudé depuis trop longtemps. Rire énormément devant La Cosa et ces
quatre hommes qui jouent avec quatre stères de bois et des haches. Manger quelques
marrons, me lever tôt et partir dans un compartiment de train jusqu’à Saint-Etienne.
Travailler et lire dans les rares rayons de soleil qui traversent la vitre. { ci-dessous les
photos de l’allemand Frank Herfort, il voyage à travers la Russie et les pays d’ex-URSS
pour saisir les contrastes parfois absurdes de la vie actuelle et des vestiges du passé }

Samedi après-midi, j’ai fait un aller-retour en pyjama jusqu’au bureau pour chercher ma
collection d’animaux marins en plastique. Chez moi, je pose mes chaussures et mon écharpe
sur le radiateur pour que tout soit chaud quand je sors. Je me demande d’où vient toute
cette poussière, au sol, sur les cheminées, partout. Plusieurs petits Monts d’Or pour apporter
à Saint-Etienne vendredi. { ci-dessous un souvenir d’une ballade Chemin des Echenoz
Saint-Paul cet été, là où il y avait quelque noisetiers sauvages. Et mes très vieux livres }

Des nuits sans interruption, quelques rêves. Les moufles. Le cinéma de Depardon, la
justice impuissante dans les hôpitaux psychiatriques et la question de ce que l’on fait
de nos malades. De la détresse, mais un peu de rire, aussi, quand même. Une soupe
avec beaucoup de navets, du champagne et un tout petit burger maison chez Najat,
la foule du dimanche et un chocolat chaud avec Victor. { ci-dessous les photos de
l’allemande Ina Schoenenburg, des images de famille, du quotidien, un regard social }

Décembre. Le mois de mon anniversaire. J’ai ressorti les grosses moufles que je mettais
il y a 10 ans au Québec. Elles sont en laine doublée de polaire, et je peux utiliser mes doigts
car le bout est amovible. Je ne les avais jamais remises. Je suis bien au chaud. J’ai goûté
ce matin le premier sachet de thé du calendrier de l’avent Damman, noir, grand goût Russe.
Très parfumé. { ci-dessous le décalco étoile appliqué par Lou cet été à Dole et les différentes
robes de cette même période, sur le valet, quand le soleil entrait encore dans la chambre }

Un peu de neige toute fine, le Ginkgo du square Saint-Amour qui sent mauvais. Le marché
de noël qui sent bien trop la cannelle et le Churros gras. J’ai les cheveux qui foncent pour
l’hiver, un peu de levure de bière pour les fortifier. L’appartement de Marta qui lui ressemble.
Finalement, c’est souvent que les appartements ressemblent aux gens qui vivent dedans.
{ ci-dessous les photos de la jeune new-yorkaise Arielle Bobb-Willis, un univers ludique et
étrange, des corps renversés ou pliés, un jeu avec les vêtements et les couleurs }