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LA CUISINE

Ces derniers jours se suivent et se ressemblent beaucoup. Les mouches lentes et
collantes, les camions des ouvriers qui m’empêchent de sortir de la cour avec mon
vélo. Des lasagnes aux carottes, un crumble aux courgettes. C’est terrible mais j’ai
l’impression de sentir déjà la nuit qui tombe plus tôt. C’est la fin de mon contrat, je
profite de la pluie et du gris pour boucler le travail, ensuite, je serai libre ! Pour fêter
ça je me prépare des cartes de visite roses & dorées. L’organisation de l’été est floue
mais je pars pour la Vienne quelques jours avec plein d’amis et je m’octroie une pause
ici, retour mi-août. { ci-dessous baskets fleuries Boden et madeleines maison }

Un dimanche à l’atelier. Des voisins qui préparent à manger tout l’après-midi et les
bonnes odeurs qui passent par la fenêtre. Les bureaux sont vides, Marta et Bérangère
ont rangé leurs coins. Une application de time tracking pour s’organiser et noter le
temps passé sur les projets, un site de wireframing, un drôle de poster très féminin
pour un anniversaire. L’orage, le vent, un kir à la cerise noire. { ci-dessous les faux
crocos jaunes et verts et ma collection presque complète de Calvin & Hobbes }

Les rues de la ville se vident un peu, et autour de moi chacun commence à partir.
J’essaie de reprendre de bonnes habitudes. Me lever tôt, manger moins, partir le midi
au bord de l’eau plutôt que devant l’écran. J’ai trouvé du bon pain bio sur le marché
du mardi en bas de l’atelier. Je déguste de juteuses pêches plates qui viennent d’Espagne,
Marta dit qu’elle sont plus faciles à manger, c’est vrai. J’écoute des playlists de l’été en
travaillant, moi aussi je commence à avoir envie de m’échapper. { ci-dessous des palets
tout fins au parmesan et des moelleux chocolat-noisette que je peux congeler }

Organiser un barbecue sur la terrasse du bureau, des saucisses, une tarte aux fraises.
Filer à vélo pour passer la soirée à Jours de Fête, trouver un vieux poche d’Arthur Upfield
à un euro et croiser d’anciens profs. Les températures qui descendent enfin un peu, le
vent frais, les nuits plus longues, le chocolat à la fin du cône vanille. Partir sauver Najat
avec du rosé frais, discuter dans sa cuisine. Les madeleines au miel et à la fleur d’oranger
du dimanche. { ci-dessous les jolies boites SCOP-TI et les calissons d’Aix de Noël dernier }

Marcher le long du Doubs puis grimper sous le soleil, passer devant les belles maisons
tranquilles. Boire un sirop de citron rapide. Le jus rouge des betteraves sur mes mains,
Debussy et le hip-hop. Marcher encore, chercher l’air frais. Monter une étagère appelée
Lerberg dans la chaleur, placer mes beaux livres dedans. Le mur bleu-vert du bureau qui
se remplit, une belle chaise de bureau qui arrive bientôt. Sylvain qui est rentré, discuter
un peu avec lui. 
{ ci-dessous les fleurs séchées prélevées du bouquet d’Olive et la pizza
blanche et verte : oignons nouveaux, petits pois et mozzarella }

Plein de jours de soleil d’affilée. Un thé glacé, des meringues brûlées et des sushis à
volonté. La chaleur qui rentre, les yeux et le nez qui piquent un peu à cause des pollens.
Une décision à prendre, le temps suspendu et quelque larmes devant Girl Asleep, fable
colorée et symbolique. Laisser partir l’enfance pour devenir quelqu’un de singulier. { ci-
dessous les Kakis de l’hiver avant mon voyage et les bonnes brioches à la fleur d’oranger
fabriquées avec mes nouveaux petits moules }

Porter des chaussettes par dessus mes collants. Mettre ma capuche. Grimper en évitant
de glisser dans les bois puis faire un détour pour continuer à marcher un moment sous la
pluie fine avant de rentrer. Ce beau morceau à deux voix dans les oreilles. Le marché bio
qui vient tout juste de reprendre place du Jura, une délicieuse tarte tatin aux navets. Le
premier épisode de la nouvelle saison de Fargo. { ci-dessous mes belles robes à motifs
et la tarte pomme-rhubarbe de la semaine dernière, quand il y avait encore du soleil }