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LA PHOTO

Avoir froid et chaud. Chanter Cosette tout bas avec Virg en regardant les paroles sur
mon téléphone, deux types en slip qui sautent du pont en plongeant puis passent
devant nous trempés. Vérifier ensemble l’orthographe avant d’envoyer un message
important. Vibrer, trembler, vivre. Une douche froide, pas mal de souvenirs de jeunesse,
plus d’écran le soir. Grimper de nuit aux grottes presque en courant, s’asseoir pour
regarder la lune. { ci-dessous les photos de l’américaine Robin Schwartz, qui photographie
sa fille depuis plus de douze ans entourée d’animaux étonnants, poneys, singes ou lama }

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Une pause sous le soleil déjà chaud de midi au parc. Les joueurs de pétanque avec
leur petit cercle en plastique pour savoir d’où on joue. Les arbres et leurs petites feuilles
toutes vertes toutes nouvelles, le pollen qui rentre chez moi par la fenêtre. Les belles et
folles aventures des chiens animés du dernier Wes Anderson, qui est vraiment un génie.
{ ci-dessous les photos de l’autrichien Gregor Sailer, fasciné par les « fausses villes »,
reconstitutions de cités historiques, terrains d’exercice pour militaires, reproductions
de villes européennes en Chine, villes nouvelles aseptisées.. }

Basile est venu me voir, on a bien discuté dans mon salon, il a fait vraiment bon, même
la nuit. On est allés voir les musiciens de Totorro, presque personne dans la salle. Sourire
en les regardant jouer, leur dire que c’était trop court. Un cocktail, une pause sur le parvis
de l’église Saint-Maurice, deux paires de lunettes roses, un burger, des sushis, l’ail des
ours dans la montée de l’ancien funiculaire et la belle lumière du dimanche soir. { ci-dessous
les photos de l’allemand Lars Stieger, il isole des éléments architecturaux pour donner
l’impression de vaisseaux spatiaux ou de science fiction }

Au cinéma, je repère toujours avant le début du film quelle sortie je vais emprunter à
la fin pour partir vite et avant tout le monde.
Je repense souvent au bocal de gros sel
du placard de la cuisine chez ma grand-mère maternelle, nous allions piocher dedans
sans trop en avoir le droit. Un souvenir plus récent m’est revenu : le banc au soleil sur
lequel j’étais assise à l’orée du parc de Serralves 
{ ci-dessous les photos de l’allemand
Mickael Streckbein, des matières intéressantes, une atmosphère souvent mystérieuse
et des couleurs douces un peu dorées }

Grand soleil un vendredi. C’est la période où, à un moment de la journée, l’intérieur
des maisons devient plus froid que dehors. J’écoute un nouveau podcast où Justine,
11 ans, raconte son entrée au collège et le début de la sortie de l’enfance. Je pense
à Lou. J’ai vu aussi le documentaire qui parle de l’école spécialisée de Nino. Il à l’air
d’être entre de bonnes mains. { ci-dessous les photos de Yuri Andries, basé en
Belgique, qu’il rapporte de ses différents voyages : Inde, Îles Canaries, Portugal.. }

Du soleil derrière la vitre du train, un damier d’échecs sur le gâteau au chocolat et les
jolis poissons de Nino accrochés dans le dos. Une ballade au bord du canal, l’écluse
sans bateaux. Aller à la fête foraine bruyante et s’amuser quand même, crier et rire
dans le manège qui accélère avec Lou qui me serre. { ci-dessous les photos de la
parisienne Julie Bourges, une démarche introspective à travers laquelle elle questionne
son rapport à la famille, la mémoire et la nostalgie, entre abstraction et onirisme }

J’ai raté Lady Bird au cinéma parce que je veux me coucher trop tôt. La coiffeuse m’a
encore fait des cheveux frisés qui tiennent tous seuls mais ça ne dure pas longtemps.
Je réponds à la longue lettre de J. reçue il y a une semaine, il me décrit sa cellule. Je
peux refaire un peu de vélo quand il ne pleut pas, j’échange de longs mails qui font du
bien avec Chloé. { ci-dessous le travail de Doug Rickard A New American Picture  :
une série de clichés documentaires capturés sur Google Street View avec son oeil de
photographe et une forte critique sociale }