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LA PHOTO

Ça sent le tilleul dans les rues, vidées de leurs voitures cet après-midi pour la fête de
la musique. Je reste chez moi en fermant les fenêtres. Hier soir j’ai joué aux fléchettes
pour presque la première fois de ma vie, et j’ai gagné. Deux fois. Mes yeux ont besoin
de repos, j’ai aussi essayé une drôle de perruque blonde avec Nico. { ci-dessous les
photos de l’allemand Benedikt Partenheimer, les arbres étranges de l’Alaska, à cause
des sols effondrés et du changement climatique }

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Aller voir le dernier film de l’argentin Sebastián Lelio, une belle histoire d’amour, de liberté
et de choix.
Goûter des vins, repartir avec une bouteille et la siroter un peu au téléphone
avec Pierre qui m’envoie de vieilles photos, se souvenir de nos jeunesses. Les merles qui
courent comme des rats, en bas sous les arbres de la cour. Recevoir mon nouveau portable
gris foncé,
presque voler le stylo du facteur. { ci-dessous les très belles photos du lituanien
Mindaugas Buivydas, en noir et blanc, il observe la nature et ses mystères, son silence }

La pluie qui continue à tomber tous les soirs, au moment où l’on sort. Une buvette
sans alcool, une course sous mon parapluie, de nouvelles ampoules. Retrouver Victor
et Marta au vie grenier sous le lourd soleil, boire un thé glacé en regardant les gens
passer. Acheter un appareil photo rose qui marche. Des cocktails à Marnay, quelques
cerises et l’anniversaire du Barbu à moitié dans la rue. { ci-dessous le travail du hongrois
Zsolt Hlinka, patron d’imprimerie mais également passionné de photo. Il cherche la
géométrie et la symétrie dans l’architecture mais aussi les lumières urbaines du soir }

La nuit j’entends la pluie très forte et le vent. Et encore quelques chat se battre. Les
moustiques arrivent, je branche la citronnelle pour être tranquille. Toute la journée
quelqu’un sifflote depuis la grande cour, mais je ne le trouve pas. Je rêve de tablettes
de chocolat aux goûts étranges et je ne me maquille presque plus. Un resto décevant
ce midi avec Victor. { ci-dessous les photos de la norvégienne Kristine Norlander, qui
travaille au smartphone et traduit de façon simple et minimaliste son environnement }

Un vendredi gris, un retour dans la belle maison de Dole. Croiser plusieurs aveugles
entre chez moi et le bureau.
J’ai enfin trouvé une petite cagette en bois dans la rue
pour accrocher au porte-
bagage de mon vélo, un autoportrait dans le miroir de la vieille
armoire d’une des chambres de l’étage et une petite panthère noire qui s’appelle Jean-
Paul. { ci-dessous la série Under The Sun de l’australien Dean West. Des photos
minutieuses de plages, parasols et touristes, avec une grande netteté et précision }

Partir à six jusqu’aux terres natales bourguignonnes de la famille de Virg. L’excitation
du départ, des vaches grises sur la route, la découverte de la très vieille maison en pierres
qui va fêter ses 200 ans. Du champagne, un tiramisu aux fraises, le gentil fantôme Jean-
Philibert, les vieux livres au grenier. Beaucoup de viande au barbecue, chanter Vent frais
en canon. Au matin, du thé sans faux-col, le sourire tout doux du petit Victor, Lenny qui court,
le soleil brûlant, et l’eau fraîche du tuyau d’arrosage { ci-dessous les photos de la jeune
autrichienne Nina Keirath, qui explore les couleurs chaudes de l’Atlas et du Sahara au Maroc }

J’ai rêvé que j’avais écris un livre qui se vendait très bien mais sous un faux nom et
personne ne savait que c’était mon histoire.. même moi je n’y croyais plus vraiment.
Je prépare une liste de courses pour le week-end champêtre en Bourgogne, j’ai envie
de jupe longue et de macédoine de légume. Cette fois-ci je suis rentrée sous le déluge,
les sandales enfoncées dans les immenses flaques d’eau très fraîche tombée du ciel.
Le parapluie inefficace, mon bon pain bio aux graines trempé. { ci-dessous les photos
de l’italien Gustav Willeit, habitué aux paysages alpins, il voyage à travers le monde
pour capturer de belles images aux points de vues inhabituels et contrastés }