archive

LA PHOTO

De la neige dimanche, pendant que je parle une heure au téléphone avec Basile sur le
canapé. Un grand écran pour le vidéoprojecteur, dans le salon. Une brioche, un gâteau
renversé à l’ananas, des gnocchis avec de la courge Butternut, façonnés pendant des
heures. Le changement d’heure qui laisse le soleil rester plus longtemps le soir. Sortir
faire le tour du pâté de maison, s’aérer.
{ ci-dessous la série de photo de Colin Hughes,
s’attardant dans le ferry pour aller de Manhattan à Staten Island }

Un scutigère véloce qui sort du pain, un gâteau à l’orange caramélisé. Pendre le linge
dehors, au soleil et au vent. Aller chercher la livraison de nos légumes quand même, avec
nos masques cousus main. Fabriquer deux trousses avec la machine sortie. Regarder un
épisode de Ru Paul chaque soir, terminer enfin Lumière d’août de Faulkner, six cent pages
de terrible folie humaine, contente de passer à autre chose. { ci-dessous les photos de
l’allemande Bettina Güber, délicates et étranges natures mortes d’automne à l’assiette }

Préparer des rillettes de lentilles et poireau, une soupe de fanes de radis et aussi des
aspics printaniers. Couper les légumes en tout petit, les cuire séparément. Mélanger la
gelée à la mayonnaise et démouler les petits tas le lendemain. Aller voter à deux sur nos
vélos sous le soleil. Regarder deux Miyazaki au lit, réparer le trou de ma robe. Placer tous
les épices sur les nouvelles étagères, ranger encore un peu. { ci-dessous les photos de
Tanya Marcuse, qui les compose dans son studio en extérieur en collectant des plantes }

Deux super bons pains de Terre de Pains récupérés à Hôp le vendredi, avec des graines
de lin. Une vidéo de Copain du Web sur le Canvas et cette boutique qui en vend des trop
beaux. Des averses, partir en réunion à vélo, revenir dans la nuit, au téléphone avec maman.
Encore un aller avec la voiture remplie, ranger, trier, jeter beaucoup. Aligner les livres. Ne pas
avoir le temps. Un article rigolo où je raconte mon expérience à Hôp. { ci-dessous le travail du
coréen Seunggu Kim, qui documente les transformations de son pays à travers ses photos }

Un peu de répit avec la pluie. J’aimerais que la terre sèche. Retrouver chez le coiffeur
les jolies bouteilles de sirop trouvés pour l’anniversaire de Fanny ! Un thé au pop corn,
un autre au pamplemousse, encore une robe longue, mais avec des manches courtes.
Fermer de plus en plus de cartons, vider le congélateur petit à petit. Sur le départ. { ci-
dessous les photos de Christophe Urbain, strasbourgeois. Des séries diversifiées du
portrait au reportage en passant par la nature morte, un travail épuré et frontal }

Remonter chaque jour maintenant, avec un sac à dos et mon panier de vélo remplis d’objets
disparates. Leur trouver une place en rentrant. Mettre mes livres en carton, dépoussiérer.
Retrouver par hasard une vieille carte postale d’avril 1945, adressée par une jeune Marie-Louise
à son avocat, depuis la maison d’arrêt de Vesoul. Un cake au miel, avec des figues et des noix.
Un crumble d’oignons et d’échalotes avec du thym.
{ ci-dessous les photos de l’anglais Paul
Thompson
, spécialisé dans le paysage côtier. Une belle approche minimaliste et graphique }

Retourner au cinéma pour voir La cravate, drôle de documentaire très intimiste. Prendre
en photo la bière n° 50 dans le soleil qui se fait rare, terminer des paniers en tissu et une
trousse de voyage. Ranger la machine à coudre, lui trouver une place. Découper des bouts
de chaussettes dépareillées, rater les choux pour les profiteroles mais en manger quand
même.
{ ci-dessous les tartes géométriques de Lauren Ko, pâtissière de Seattle, qui fait
de ses tartes des œuvres graphiques et colorées magnifiques ! }

Remplir un petit sac en coton par jour et le monter avec moi sur mon vélo, le soir.
Commencer à sortir quelques cartons, un gros rouleau de scotch et trier toutes ces
affaires. Être presque pressée de partir. Un nouveau téléphone doré, du papier à motif
pour l’intérieur de ma boîte en bois, retourner au cinéma, contempler un amour secret
si fort entre deux femmes qu’il donne envie de pleurer.
{ ci-dessous les photos pastels
de Teresa Freitas. Des clichés rêveurs pris dans le village côtier portugais de Cascais }

Lancer une lessive au boulot, chercher des collants verts olive. Observer le vent qui
pousse les gens et fait voler les écharpes et les parapluies. Il rentre un peu par ma fenêtre
de bureau, selon son sens. Il y a même de l’orage qui fait penser à l’été. Un employé de
la ville disperse une sorte de sable qui colore la route en ocre. Mes mains et mes côtes
qui guérissent doucement. { ci-dessous les clichés lumineux et pastels de La Havane à Cuba
où la française Hélène Havard s’est rendue en 2016, peu avant la mort de Fidel Castro }

Beaucoup de retard ici, une semaine à résumer. Playtime de Tati sur grand écran. Un
œil rouge. Un cake aux pommes avec des petits morceaux d’amandes, un frigo vide,
la visite des vieux étages de la bibliothèque d’Étude et de Conservation. Une chute, deux
côtes cassée, les mains égratignées. Un joli spectacle dans un cube géant de mousse
de bain.
{ ci-dessous le travail du studio Formento + Formento, couple de photographes
new-yorkais. Des clichés sensuels et élégants où l’on retrouve leur passion pour le cinéma }