archive

VU, LU, ENTENDU

Une semaine intense à Paris. Le train Suisse avec les gens qui racontent leur vie dedans,
un dossier à gérer plus long que prévu, peu de sommeil. Puis Belleville et Ménilmontant,
un perroquet gris du Gabon en vitrine, Godspeed dans les toilettes, une grande église et
ses escaliers, les terrasses des bistrots et leurs carrelages aussi. Les compteurs de décibels,
les ballons de rouge et la fermeture avec France Gall. Beaucoup d’Earl Grey et encore le
tour du cimetière. { ci-dessous les lectures et le CD de Miles Oliver découvert à Besançon }

Mes cheveux poussent et sont fous. Ils donnent parfois à mon ombre un air de hibou.
Je suis allée tout couper. J’ai une longue jupe imprimée en crêpe avec une doublure, je
ne sais pas quel manteau mettre avec. Je rêve que je passe une épreuve ou un concours
dans la cuisine de ma grand-mère disparue et je prépare mon départ en Saône-et-Loire
avec les amis. { ci-dessous le petit livre de belles photos d’immeubles londoniens chez
Hoxton Press, mon Moleskine jaune offert par Virg et une petite pochette Boden à pois }

Du soleil pour le déménagement, tout entasser avec Virg et se dépêcher. Puis déballer
doucement, monter les nouveaux meubles et trouver une place aux choses. Je rêve
littéralement de vacances chaque nuit. De bateaux ou d’aires d’autoroute. Encore un
Mont d’Or, deux gâteaux au chocolat avec beaucoup de beurre et se rappeler de mon
CD de Patricia Kaas. { ci-dessous des bonbons rapportés de Varsovie, au goût très fidèle
de pastèque, et un beau livre jeunesse de Dawid Ryski également rapporté de Pologne }

Le rythme fou continue. J’ai rêvé que je m’enfuyais en courant très vite. Je me rends
compte que je ne cours jamais vraiment dans la vie réelle. Je n’ai pas de raison de courir.
Souvent, les gens qui parlent à la radio m’énervent, je parle toute seule en m’adressant
à eux. J’ai à nouveau un torticolis, surtout le matin. Mes goûters bios sont dans un carton
déjà fermé. { ci-dessous encore des livres rapportés de Varsovie, des photos de femmes 
dans des arbres et des photos de Londres en noir & blanc par le polonais Damian Chrobak }

Ce matin j’ai demandé à mon petit Google Home dans la salle de bain de lancer France
Inter et à la place il m’a donné la météo de Quimper. À court de peinture blanche et mat,
les nouveaux murs bien propres devraient pourtant être terminés aujourd’hui. Reste à
emménager la semaine prochaine, les cartons sont prêts, les jours sont denses. Mes yeux
fatigués, j’écoute le piano de Thom Yorke pour la BO de Suspiria. { ci-dessous ma robe
fleurie toujours chez Boden et un livre de Marc Graciano conseillé par Jean-Philippe }

Toujours aussi difficile de faire des choses le lundi soir. Un lever très tôt samedi pour Dijon,
des discussions sur la réinsertion post-carcérale et l’évocation du programme Respecto mis
en place en prison. Vers midi, nous avons pris le chemin du restaurant par groupe de deux.
Sylvie, tout en me racontant comment se passe sa récente correspondance, a sorti un petit
peigne et s’est mise à coiffer ses cheveux courts assez rapidement, avant de le ranger dans
son sac. { ci-dessous les belles cartes représentant les villes polonaises et un beau livre
d’illustration trouvé au musée musée d’ethnographie de Varsovie : Puste Miejsce Przy Stole }

Premier spectacle de la saison, sous un tout petit chapiteau rouge. Une échelle, des
circassiens aux très jolies chaussures en cuir, avoir un peu peur pour la voltigeuse en
costume de singe bleu. Un beau duo d’hommes-orchestre avec tout un tas de clochettes
à vache, des violons et une guitare à deux manches. Un éléphant qui prend forme en se
gonflant et un grand clown qui s’appelle Bonaventure. Une vraie cloche énorme qui sort
littéralement du sol et le glas qui résonne à la fin, impressionnant. Le jeu des cordes.
De belles idées visuelles et le rire spontané de l’enfance. { Compagnie du cirque Trottola }

Aller voir Woman at War au cinéma au dernier moment : une militante écologique islandaise
qui se transforme en prof de chant, un groupe de musiciens dans le décor et un chœur ukrainien
sous la pluie. Une sœur jumelle prof de yoga, un malchanceux migrant à vélo. Un glacier puis
une source chaude, le visage dans la mousse, un masque de Nelson Mandela, la photo d’une
petite orpheline. Du Taï Chi devant la télévision, les portables dans le congélateur et des tracts
lancés depuis les toits. La traque palpitante et drôle d’une héroïne ordinaire. { ci-dessous le travail
de Michael Belhadi, une collection d’images de divers endroits un peu énigmatiques et colorés }

Aller voir Vierges au cinéma : une station balnéaire au nord d’Israël, un café vide, une
rumeur de sirène, le bruit des vagues et les piqures de méduse. Une berceuse chantée
en français, deux vieux joueurs d’échecs et un maître nageur. Plusieurs générations de
femmes. La rage, l’envie d’aventure, l’innocence. Un beau jeune homme attirant. Une fête
à paillettes et cette petite fille habillée en princesse avec son collier de perles, des algues
sèches et des coquillages qui s’entrechoquent dans un vieux filet de pêche. { ci-dessous
les photos de l’australien Ben Thomas  et ses paysages flous aux couleurs éclatantes }

J’ai pu rester au soleil au moins deux heures avec Virg etle petit vent frais. Ma peau
a doré un peu, j’ai toujours peur de la brûler. Un gros litre de soupe avec du céleri et des
graines de sésame, une longue lettre à recopier, beaucoup de klaxons de mariages, et
aussi des percussions tout l’après-midi qui cassent un peu les oreilles. J’ai rêvé que j’avais
une grande cuisine et que j’hébergeais des réfugiés dedans. { ci-dessous la jolie plante
donnée par Marta après son vide-grenier et le tome 2 des cahiers d’Esther pour Lou }