Un repas du dimanche dans le jardin. Monter un petit fanzine pour Hôp Hop Hop, rédiger
un inventaire comme Prévert et faire un collage. Laisser mon vélo en révision à Velotte et
rentrer à pieds sous le soleil très chaud. Déjà laisser les volets fermés pour la journée en
allant travailler. Une petite robe verte avec plain de cœurs blancs, Une série drôle et
loufoque, (presque historique) sur Catherine II de Russie. Et juillet qui arrive. { ci-dessous
les carnets Moleskines pour noter mes rêves et les portes-savons jaunes et bleus aussi }

La pile de caisses de bouteilles du brassin 52 qui attend dans le couloir, les nouveaux
grands rideaux blancs, le dénoyauteur de cerises. Des lunettes de soleil à ma vue, qu’il
faut enlever et remettre. Marcher quinze kilomètres le dimanche puis acheter des vraies
baskets. La manif, le lourd soleil qui se transforme en orage. { ci-dessous la superbe série
du taïwanais
Bo Wen Huang, parti dans une ancienne usine désaffectée au cœur de la forêt.
Une atmosphère bleutée et silencieuse, le désordre et la nature qui reprend ses droits }

Tomber au hasard d’une petite marche de quartier, comme au temps du confinement,
sur un muret plein de magnifiques passiflores. Tracer un petit plan du salon à l’échelle
1/30e, découper les petits meubles dans du papier, les bouger pour tout changer. Revoir
en riant Cuisine et dépendances, commander des sushis, une énorme brioche au four, et
une galette comtoise. Rentrer fabriquer des nems et manger tard. { ci-dessous la papeterie
de Monsieur Papier et les fleurs de Spirée du Japon du mois d’avril, devant la maison }

Partir à travers la campagne le long de la Loue, aller voir un canapé bleu canard vieux
d’un siècle, goûter au bord de l’eau, être dehors pour le coucher du soleil tous les soirs,
préparer des pique-niques, rendre les clés, une envie de sac d’été en paille, une banquette
convertible jaune moutarde, un essai de rouleaux de printemps, mes cheveux courts derrière
ma tête et retourner en terrasse pour un thé au soleil. { ci-dessous les photos de l’allemand
Ludwig Rauch, des clichés foisonnants, qui oscillent entre peinture et photographie }

Pédaler le long du Doubs sans bateaux jusqu’à Dole, puis Seurre. Retrouver famille et
amis, rencontrer la mini Charlotte aux yeux bleus qui m’a beaucoup souri, entendre le
croassement des grenouilles, barbecue, fraises, Mölkky, légumes d’été, écluses, oiseaux,
pique-niques, un long et beau week-end pour revivre. Terminer le déménagement, retrouver
les copains de l’asso Tinternet, chercher une méridienne. { ci-dessous la jolie plante Séneçon
de Rowley qui pousse au soleil et mes nouvelles sandales en cuir un peu mocassins }

Partager en deux la première fraise du jardin avec un très bon parfum, aller chercher
plein de sushis, recevoir un coup de fil de Déborah Dupont, la libraire de l’émission
On va déguster, pour la commande du très beau livre Le pain, de la terre à la table de
Christophe Vasseur. Un premier bouton de moustique aussi. Camper deux jours dans
l’appartement quasiment vide, le rendre propre. { ci-dessous les photos du canadien Ian
Brown
, un travail d’anthropologie urbaine dans les rues de la ville sinistrée de Detroit }

Braver la queue du bureau de Poste pour faire partir une guirlande en Australie. Rapporter
du périple des cubes de levure pour les brioches de mon amoureux. Un magnolia, les jardins
partagés, des cerises sauvages, un lièvre à l’observatoire, rentrer vite pour dépendre le linge
qui sèche, menacé par l’orage. La fin de ces balades autorisées d’une heure, le soir autour
de chez nous à la découverte du quartier. { ci-dessous encore une petite boîte en bois chinée,
repeinte et tapissée de papier à l’intérieur et des petits sablés salés au chorizo et Comté }

On attends le rouge de nos quelques fraises. On file à vélo faire des queues interminables
de personnes à un mètre les unes des autres, pour rapporter asperges, tomates de la Drôme,
et de l’ail tellement nouveau qu’il n’a pas encore de gousses. Des cookies au chocolat et à la
noix de coco, la visite du jardin botanique laissé à l’abandon, des arbres en train de sécher, de
belles fleurs sauvages, deux canards, un chat roux et de grosses grenouilles. { ci-dessous les
compositions de piles de livres poches de l’artiste Mary Ellen Bartley, aux tranches colorées }

La journée, comme il fait toujours beau, on place les cochons d’Inde dans l’herbe du
jardin et on les observe se familiariser avec la liberté malgré leur naturel craintif et leur
envie de se cacher toujours. À un crochet, je fais sécher un peu de lilas tête en bas, et
des fleurs diverses, plus petites, en les pressant. On cuisine les fanes de tout, radis,
chou-fleur, carottes du marché. { ci-dessous la jolie pochette cousue par Virg qui me
sert de porte-feuille et la pile de livres en attente sous le Faulkner fini au confinement }

Préparer des falafels avec des pois cassés, jolies petites boules jaunes épicées. Lire
dans le jardin, l’histoire d’une famille, d’un secret et d’un village. Trier, ranger, trouver
une place aux choses, à nouveau.
Retrouver mes notes de bac, mes bulletins de collège,
rêver que je dois repasser le BTS. Observer trois jeunes faucons pèlerin grâce à la LPO
et une caméra postée sur une cheminée d’usine.
{ ci-dessous les photos du danois Anders
Schønnemann, et ses jolies compositions culinaires épurées aux couleurs douces }