Je n’avais pas vu Virg depuis très longtemps. Un vendredi soir à rattraper le temps
perdu et parler de ce qui occupe nos vies en buvant des bières. Le ciel gris, toujours
installée dans son canapé confortable. Un long déménagement, cinq étages et des
courbatures encore plus fortes le deuxième jour. Un petit-déjeuner de luxe, une flam-
mekueche en terrasse le midi, une exposition de dessins et les toits de Besançon.
{ ci-dessous Nowhere, la série de Francesco Margaroli, qui s’intéresse à l’atmosphère
des fêtes foraines sur le départ, désertées une fois les stands et les manèges fermés }

Je me demandais depuis quelques jours ce que devenait S. À la fin d’une période
de détention il y a souvent des remises de peine, peut-être était-il déjà libre. Ce matin,
des nouvelles positives m’attendaient dans la boîte aux lettres. La fin de la semaine :
la pluie, le vent qui pousse le rideau de la chambre. Les araignées des toilettes en bas
de l’atelier. Des sablés dorés au beurre salé durs comme du roc. La céramique de
Saint-Etienne rapportée par Victor. { ci-dessous les plantes que m’a donné Marie }

L’ambiance gelée de la troisième saison de Fargo. Les poussins rigolos du Grand
méchant renard, dont un qui s’appelle Michel. Une émission sur Manu Larcenet, la
salle d’attente du dentiste et le magazine IDEAT, le patient arrivé en skate, la dame
qui devait rejoindre sa cousine au cinéma et qui est arrivée trop tard. La belle et
jeune Ava qui tombe amoureuse pour la première fois et qui donne envie de folie.
{ ci-dessous les montages du graphiste allemand Matthias Jung : de drôles de
maisons imaginaires flottantes, crées par assemblage de différentes photos }

Organiser un barbecue sur la terrasse du bureau, des saucisses, une tarte aux fraises.
Filer à vélo pour passer la soirée à Jours de Fête, trouver un vieux poche d’Arthur Upfield
à un euro et croiser d’anciens profs. Les températures qui descendent enfin un peu, le
vent frais, les nuits plus longues, le chocolat à la fin du cône vanille. Partir sauver Najat
avec du rosé frais, discuter dans sa cuisine. Les madeleines au miel et à la fleur d’oranger
du dimanche. { ci-dessous les jolies boites SCOP-TI et les calissons d’Aix de Noël dernier }

Un saumon gravlax, un vélo qui freine trop. Le tunnel sous la citadelle, la nuit. Un long
apéro avec Bérangère et Marta de l’atelier, des projets communs qui donnent envie.
Trop chaud, trop de bruit, trop de monde. Faire des brasses avec mes lunettes dans l’eau
fraiche du matin, pique-nique, carottes râpées et bracelet jaune. Les jours et les mois
qui viennent incertains. 
{ ci-dessous les photos du norvégien Tine Poppe, qui se place
au ras du sol pour transformer grâce à ce point de vue les herbes, fleurs et plantes en
jungle géante, luxuriante et colorée }

Marcher le long du Doubs puis grimper sous le soleil, passer devant les belles maisons
tranquilles. Boire un sirop de citron rapide. Le jus rouge des betteraves sur mes mains,
Debussy et le hip-hop. Marcher encore, chercher l’air frais. Monter une étagère appelée
Lerberg dans la chaleur, placer mes beaux livres dedans. Le mur bleu-vert du bureau qui
se remplit, une belle chaise de bureau qui arrive bientôt. Sylvain qui est rentré, discuter
un peu avec lui. 
{ ci-dessous les fleurs séchées prélevées du bouquet d’Olive et la pizza
blanche et verte : oignons nouveaux, petits pois et mozzarella }

Porter des objets et cartons en grimpant la rue pavée. Le nouvel appartement de Caro
calqué sur mon ancien nid ruelle des Moutons. Un dîner dehors entre filles dans les
hauteurs, dans la nuit, danser un peu en redescendant. Les papillons toujours en nuée
dans les lampadaires, écrasés aussi, au sol. Des Vedett samedi après-midi avec Etienne,
Damien et Nico, rire, se coucher tôt. { ci-dessous les vendeurs de rue vus de dessus, par
la photographe allemande Loes Heerink, installée au Vietnam. Depuis un pont, armée de
patience, elle a capturé ces différentes bicyclettes et leurs chargements colorés }