Plier des jolis bateaux en papiers pour refaire un stock de guirlandes, choisir du papier
peint pour la maison, relancer l’émission Silencio, refaire des visio-conférences, regarder
un épisode de Fargo par semaine. Faire une tarte tatin d’endives au miel, peindre en blanc
autour des balustres noires. Quitter mon bureau, me confiner finalement sans trop avoir
le choix. Reprendre les balades d’une heure autour du quartier. { ci-dessous les tapis
artistiques en laine de la créatrice Alexandra Kehayoglou, qui représentent des paysages }

Accompagner Nicolas à Pouligney pour ses photos. Poser un peu mal à l’aise. Revoir
la fontaine et l’école, marcher jusqu’à la cabane des chasseurs, parler avec mon instituteur
du CP. Chercher encore des solutions pour ma fatigue, répondre à deux questionnaires.
Faire des soupes. Cirer toutes mes chaussures en cuir, recoudre un petit trou au niveau
de la poche d’une jupe. La nuit qui tombe très tôt, le soleil qui brille un jour sur deux. { ci-
dessous mes Birkenstock fourrées pour l’hiver et des vêtements aux couleurs automnales }

 

L’annonce d’un nouveau confinement hivernal et la fermeture du cinéma, du théâtre,
de la piscine et des coiffeurs. Un dernier resto avec un burger tout noir, le voyage à
Grenoble annulé une deuxième fois, plus d’invitations de copains. Une séance de
Shiatsu contre la fatigue, de l’iode et du Ginseng, rire devant les aventures et la joyeuse
naïveté de Chien Pourri, décoller le papier peint des couloirs et trouver de grosses fleurs
marrons. { ci-dessous les photos d’hiver minimaliste du japonais Masato Ninomiya }

La musique de la playlist de mon cours de gym qui revient dans ma tête souvent. Repenser
aussi à quand on entendait les presses de l’usine Bourgeois pendant le confinement parce
qu’il n’y avait plus aucun autre bruit autour. Essayer de se passer d’iPhone sans y parvenir,
se jeter dans le vide en arrière sur les voies d’escalade avec enrouleurs automatique. Un départ
en train à trois pour Saint-Leu-la-Forêt, ramasser des châtaignes, une petite maison avec un beau
carrelage et des moules-frites. { ci-dessous les fleurs séchées et les solaires corrigées de l’été }

Avoir enfin Basile au téléphone, des nouvelles de Grenoble, y descendre prochainement,
sûrement. Depuis la fenêtre, entendre les passages de trains lointains dans le calme des
matins frais. Embouteiller la bière numéro 53, croiser Marion et son tout petit garçon de
passage. Un gâteau au yaourt délicieux avec de l’huile de coco, encore trois films au
cinéma. Oublier le titre du film dès qu’on me demande ce que je vais voir, aux entrées.
{ ci-dessous les belles illustrations colorées de Marija Tiurina, russe basée à Londres }

Un massage tout chaud presque au bureau qui envoie sur un nuage. La pluie qui laisse
peu de répit. Chercher un ciré brillant, hésiter, se tourner plutôt vers une parka à pois.
Bientôt la fibre à la maison, trouver des chaussons d’escalade, aller grimper une fois par
semaine. Rendre visite à mon coiffeur, mes cheveux qui deviennent bientôt un petit carré
un peu frisé. Entamer un nouveau puzzle à deux, retourner encore au ciné toute seule.
{ ci-dessous quelques trouvailles en lecture et mes écouteurs verts sans fil Jays T-Four }

 

Un bain brulant avec des sels verts, une panne de chauffage au bureau, la pluie et le sol
glissant de la Grande Rue, presque octobre. Plusieurs pièces de théâtre, des lettres écrites
par des adolescents, des acrobates en répétition. La belle vallée de la Loue, les virages en
bus, de gros lapins marrons en cage. Un cours de Pilates et des courbatures aux bras, des
bretzels trop salés, deux fougasses avec des oignons rouges et encore un gâteau renversé
à l’ananas frais.
{ ci-dessous les photos de Paul Hiller, et ses parcs d’attractions colorés }

Des films avec des Jean-Pierre. Bacri, Darroussin ou Marielle. Faire bouillir du gingembre
et de la cardamome, ajouter le jus d’un demi citron. Préparer la fête d’anniversaire de mon
grand amoureux, des napperons en papier, des fleurs séchées et des photophores. Des
cookies, un gâteau géant avec un litre de crème et un kilo de mascarpone. L’orage juste avant,
la boue, les copains, les enfants, danser dans la fumée. { ci-dessous un parfum très frais
de l’Occitane avec un joli packaging et les roses séchées du mur de la chambre }

Les rayons du soleil qui plongent dans le bleu piscine de quatre mètres, nager à nouveau
et être bien. Les trois cigognes qui se perchent sur les lumières du stade pendant deux jours,
la recyclerie qui reprend, des gants colorés, un mix avec Radiohead et Amon Tobin. Partir à
vélo jusqu’à Dole, un pique-nique, des photos, un ragondin qui traverse. Une tarte aux pommes,
une montgolfière et une baleine qui avance à 25km/h au cinéma. { ci-dessous les magnifiques
photos de l’américaine Pamela Heemskerk, des histoires d’émotion, de mystère et de nature }

Une bière au comptoir pour la ré-ouverture du bar à Hôp. Un petit tour à la piscine le
lendemain matin, juste à côté de la maison. Des longueurs en écoutant des podcasts.
Entamer un nouveau puzzle sur la table du jardin, les amis de Suzanne qui dorment
sous la tente. Un brioche aux pralines, un gâteau aux pommes avec une poire et du
caramel. La cressonnette qui pousse à vue d’œil, de la gym avec un gros ballon. { ci-
dessous une porte, pas loin de chez nous, et le lilas qui date du confinement }