Réfléchir à un déguisement. Ne pas avoir beaucoup d’idées. Planifier pour moins être
débordée, commander plusieurs carnets lignés. Écouter le bruit de la toute petite grêle
contre les grands carreaux du bureau, observer l’alternance de la pluie et du soleil, les
jeunes qui manifestent. Je ne comprends jamais rien aux gens qui essaient de dire des
choses de loin, juste en articulant silencieusement de façon exagérée et en rajoutant des
gestes. { ci-dessous les photos du japonais Ryota Kajita, qui capture les motifs formés
par la glace dans les lacs de l’Alaska. De belles bulles prises entre l’eau et l’air }

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Des lasagnes aux carottes et les oignons qui piquent toujours autant les yeux. Des photos
d’objets blancs pour une future exposition, une ampoule qui manque et un rouge à lèvres rose
bio. Recevoir un colis surprise de Marie que je n’ai même pas encore eu le temps de lire, avec
du shampoing sec dedans fabriqué par ses soins. La soirée Jules Verne qui se rapproche trop
vite, un collage noir & blanc avec une pieuvre et des bottes de pluie. { ci-dessous mon squishy
en brique de lait rose trop mignonne et une crème de jour à la vitamine E The Body Shop }

Un masque de lapin crétin, des vêtements des années quatre vingt. Une série entière
le dimanche sous la couette, faire une pile à l’équilibre précaire sur le canapé pour passer
l’aspirateur. Du soleil puis de la grêle, un chat dans la cour qui fait vraiment un bruit bizarre
le soir. Commencer plein de livres sans les finir, et contempler la magnifique et sauvage
Sibel au cinéma. { ci-dessous les illustrations de la jeune hongroise Anna Kövecses qui vit
dans un petit village à Chypre. De très jolis collages colorés aux formes simples }

Une robe verte avec des perroquets, rater les portes ouvertes de mon ancien lycée,
des voisins qui reviennent s’installer des années après l’incendie. J’arrive à partir de chez
moi sans parapluie, c’est plutôt récent. Mes cheveux frisent, ils le font de plus en plus, ils
n’étaient pas comme ça avant. De la compote de pommes et des œufs brouillés. Ma cicatrice
d’Harry Potter. { ci-dessous ma belle BD d’anniversaire offerte par mon cousin Damien et
le bon Gin japonais de Noël, offert par mon petit frère Etienne }

La semaine dernière j’ai mis du vernis sur mes ongles. Je le fait rarement en hiver.
Un rouge qui est cerise en plein soleil et devient bordeaux foncé dans la nuit. Il fait gris
maintenant, l’air est moins froid mais le vent tape à ma fenêtre au bureau et rentre un
peu. J’écoute les oiseaux du dernier album de Yann Tiersen que j’ai reçu par la Poste.
Je prends souvent mes bobos en photo, j’aime voir le temps les faire disparaître. { ci-
dessous les photos de l’islandais Benjamin Hardman, il arpente les glaciers et partage
son temps dans les froids et obscurs paysages du Nord entre la photo et l’exploration }

Une semaine intense à Paris. Le train Suisse avec les gens qui racontent leur vie dedans,
un dossier à gérer plus long que prévu, peu de sommeil. Puis Belleville et Ménilmontant,
un perroquet gris du Gabon en vitrine, Godspeed dans les toilettes, une grande église et
ses escaliers, les terrasses des bistrots et leurs carrelages aussi. Les compteurs de décibels,
les ballons de rouge et la fermeture avec France Gall. Beaucoup d’Earl Grey et encore le
tour du cimetière. { ci-dessous les lectures et le CD de Miles Oliver découvert à Besançon }

Rejoindre le bistrot de Pilou, rester accoudés un bon moment. La grande roue et la fête
foraine vide mais le marché du dimanche matin plein. Des huîtres et un kebab végétarien,
chanter Brel, Julien Clerc, Sanson et Souchon. Dormir peu, se retrouver tous en terrasse
sur la place, le soleil qui joue à cache-cache derrière les cheminées. Rire avec les histoires
de véranda et les boucles de photos. Partir ensemble pour le match arbitré par Elsa dimanche
puis rentrer. { ci-dessous les photos du jeune russe Alexey Vasilyev, qui est né dans la région
la plus froide de la Sibérie et documente la vie quotidienne des habitants de la Yakoutie }