Ce matin le vent avait disparu. J’ai rêvé que j’écrivais le brouillon d’une lettre à Marie
au feutre jaune directement sur l’intérieur en daim de mon nouveau sac jaune. Dans la
rue de la Préfecture, un jeune employé de la mairie avec un chalumeau au bout d’une
tige et une bonbonne de gaz à roulettes. Je me suis arrêtée pour lui demander ce qu’il
faisait : il brûle les les mauvaises herbes qui sortent de la pierre. Nous nous sommes
souhaité une bonne journée.
{ ci-dessous mes vœux pour 2019, encore un petit gif qui
bouge pour une année spatiale & spéciale }

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Beaucoup de galettes différentes, dont une avec quelques Griottines dedans. Un peu
de neige au réveil, l’électricité statique au bureau. Je continue à faire circuler protons et
électrons à travers moi, depuis le radiateur, la fenêtre ou le lavabo. J’ai reçu deux belles
cartes dans ma boîte aux lettres et me suis coupé les ongles trop court. Je ne peux pas
mettre grand chose dans mon nouveau sac jaune qui est rigide et plus petit mais je ne le
quitte plus quand même. { ci-dessous les photos du brésilien Antonio Schubert, des
contemplations urbaines de Rio de Janeiro aux découvertes de paysages en road trip }

Dormir peu. Soigner ma gorge sur les conseils de Lucie, avec du citron, du miel, du
gingembre et l’huile essentielle de Ravintsara qui vient de
Madagascar. Mélanger beaucoup
de beurre et de sucre glace à du bon chocolat pour faire quelques truffes. Faire partir par
La Poste une guirlande et une carte pour Thomas. Retourner seule au cinéma, apprécier le
visage et le rôle de Carey Mulligan, pleurer juste pour la dernière scène, que j’aimerais bien
revoir en boucle.
{ ci-dessous mes hautes chaussettes et lacets moutarde de chez Bonpoint
reçus à Noël et mon gros et beau nouvel agenda 2019 arrivé d’Australie }

Un bain chaud après minuit, un peu de neige très fine. Le thé et des gâteaux dans la
cuisine d’Elsa, tenter de faire le ménage dans nos têtes et nos cœurs en discutant. Le
nouveau film de Kore-eda et un délicieux repas avec du Chablis. Vider et dégivrer ce gros
frigo bruyant, retrouver la fleur d’oranger pour une galette. Avoir encore du mal à sortir
du sommeil et du rêve. { ci-dessous les très belles photos du français Julien Pebrel, qui
interroge la fin programmée du caractère multi-ethnique des territoires du Caucase }

Ma grand-mère, la maman de mon papa, est toute faible dans son lit d’hôpital. Je suis
allée la voir en bus, c’est rapide, finalement. Sa voisine de chambre m’a dit qu’elle m’avait
bien parlé, j’ai dû la fatiguer, elle a dû faire un effort, je la vois rarement. La nuit, je rêve à
ma grand-mère maternelle, celle qui est déjà partie. Je rêve de sa maison, celle où on
prenait le goûter chaque fin d’après-midi une fois que le bus nous avait ramenés de l’école.
On remontait la route, on faisait attention pour traverser. Elle était entourée. Mais après nous
sommes devenus grands. { ci-dessous encore quelques bricoles fabriquées pendant les
vacances : les guirlandes de bateaux en papier à retrouver sur ma boutique Etsy par ici }

Des muffins et deux bouteilles de vin rouge tout doux, la drôle d’idée de Jean-Jean à
propos des rognons. Croiser Marta en rentrant. Un petit sac jaune très attendu, des
céréales dans mon yaourt. La douche qui se transforme en bain et encore un rêve de
lits superposés. La folie de la fin d’année et du jour au lendemain, l’immensité vierge
et bloquante de celle qui arrive. { ci-dessous les photos de Mongolie de l’australien
John Feely. Paysages désertiques et rencontre avec le quotidien des communautés }

Marcher jusqu’à Saint-Ferjeux, le soleil qui apparaît derrière la basilique, le petit chemin
et ses murs de pierre. Beaucoup de photos et beaucoup de temps à trier. Je cherche à
me rappeler qui m’a raconté l’histoire du livre « l’homme-dé » un soir en terrasse il y a
quelque années. Je ne me rappelle pas. Écouter Yann Tiersen, souffler la belle bougie de
Noël qui sent le frais, offerte par Fanny et les enfants. { ci-dessous l’esperluette en métal
doré de mon bureau et la photo d’Aurélien Benoist achetée à Dole }